9 Mayıs 2020 Cumartesi

Quand Sappho a décidé de participer à L'oulipo





- Vous êtes à Lesbos, une île qui se situe au milieu de la mer pourpre, qui se baigne avec la lumière rayonnant du soleil. Hélios, le dieu qui est couronné d’un auréolé solaire, le conduit chaque jour. Les vents violents et inlassables passent autour de cette ile en transportant les odeurs de milliers des fleurs et des fruits frais des arbres…et en quelque sorte, celle d’une certaine personne…

Si vous vous rappelez d’elle, passez à . 

Si elle vous manque, passez à .

-Vous vous asseyez sur le sol de la cour d’une temple rose clair.  Loin de coin où vous êtes, il y a quelques personnes qui chantent à voix basse. Cette élégie touche à votre cœur. En regardent à la mer enragée, vous vous rappelez une mémoire lointaine. C’est une image qui se glisse à votre esprit où elle chantait la même chanson.

Si cette chanson est pour Aphrodite, passez à .

Si cette chanson est pour Héra, passez à .

- Le minois d’elle était blanche comme les écumes. Les paillettes sont parsemées sur ses boucles aurore. En passant de sa clavicule, vous fûtes arrivés à sa poitrine chaleureuse et affectueuse qui soulève avec les aromes plus irrésistibles. Mais c’était il y a bien longtemps que vous la teniez dans vos bras. Elle est avec quelqu’un d’autre maintenant. Même si vous pouvez la voir chaque jour, elle est déjà si éloignée…

Vous sentez la jalousie dans votre cœur passez à .

Vous sentez le chagrin dans votre cœur passez à .

- Vous vous couchez sur le lit en écoutant les mélodies de lyre qui viennent de lointaine. Vous n’êtes pas sûr qu’elles appartiennent à l’instrument elle-même ou à votre cœur. Le son des ondes rigoureux résonne dans votre esprit comme un augure des dieux. Avec une douleur mordante, la mémoire du jour funèbre de son départ vous poignarde encore une fois.

Si vous espère qu’elle n’était pas partie jamais, passez à .

Si vous espère qu’elle retourne pour vous, passez à .

- Vous vous levez pour aller à la fenêtre. La vue connue de cette île était toujours apaisante, mais ce n’est pas si maintenant. Comment peut-elle l’être, puisque la couleur de la mer est la même que celle de ses yeux ? Ce ne sont pas ses murmures que vous entendez dans les marées ? Et le vent, lorsqu'il touche votre peau, comme la façon dont il touche votre visage avec ses doigts si fragiles et si doux ? Être une ombre brumeuse en Enfer est plus soutenable que vivre dans cette île qui lui ressemble…

Vous priez à Aphrodite pour qu’elle vous retourne. Si oui, passez à .

Vous êtes blessé parce qu’elle ne prête aucune attention à votre condition désespérée. Si oui, passez à .

-Vous avez écrit “L’ode à l’aimée”.

- Vous avez écrit “L’ode à Aphrodite”.


Gizem Aktaşlı

À propos de la traduction en turc de cettes poèmes, regardez ici :  Homeros’çu ilahilerden Pindaros’a Arkaik YunanŞiiri Antolojisi.


Les fleurs de la fatalité ou Les esquisses du sens




Dans la mythologie grecque, Écho (du grec χώ, "bruit répercuté", "rumeur qui se répand") était une oréade, une nymphe des montagnes, qui vivait sur le mont Cithèron. Pour avoir aidé Zeus à tromper la jalousie d'Hera sa femme, elle encourut la colère de celle-ci et fut condamnée à ne plus pouvoir parler, sauf pour répéter les derniers mots qu'elle avait entendus. Tombée amoureuse de Narcisse et incapable de lui faire part de ses sentiments, elle mourut de chagrin. Le mythe, connu principalement dans l'Antiquité par la version du poète latin Ovide, donne lieu à une postérité abondante aux époques ultérieures.
Écho ne ressent pas de colère, au contraire elle aime encore plus le beau Narcisse. Elle continue à le suivre de loin, sans se montrer. Elle l'observe tandis qu'il se penche sur l'eau immobile, fasciné par la perfection de ses propres traits. Et quand, après s'être contemplé une dernière fois, il meurt en disant : « ô merveilleux jeune homme, je t'ai aimé en vain, adieu ! », elle répète après lui « Adieu ! ». Une fois Narcisse mort, consumé par un amour impossible, Écho le veille en pleurant.
Bientôt Écho est prise à son tour d'une langueur fatale. Sa beauté se fane, sa peau se dessèche et ses os se changent en cendres. Aujourd'hui, sa voix est tout ce qu'il reste de la pauvre nymphe Écho.
Surveiller, le surveiller pendant les heures infinies. Les saisons passent, les feuilles sont aux couleurs marronnes, quelque fois comme un jade, tout vert. Peu important pour moi, moi, moi qui n’ai pas sa voix.
Je me rappelle tout : j’accompagnais les lyres et je chantais, je dansais joyeusement. Ma voix embaumait l’air avec le vin moelleux. Ils m’adoraient l’harmonie de ma voix « Chante, Écho, chante encore ! Ta voix vient à nos oreilles comme une goutte dissoute en miel doré qui tombe du soleil ! ».
Si seulement j’avais utilisé ma voix pour chanter, j'aurais pu me tirer d'affaire. Mais le don de dieu m'a été enlevé par un autre dieu. Et maintenant, je ne suis qu’une image obscure, une silhouette de Narcissos jadis bien aimé, une chair muette qui a deux oreilles jalouses.
« Parle Narcissos, parle de moi un peu ! Je voudrais à trouver moi-même par tes mots, tes paroles peuvent m’aider à atteindre à mon existence si je les répète ! Car ils sont de moi, et que j’en sois fait d’eux. »
Écouter, le répéter pendant les heures infinies. Il a regardé sa réflexion, il a parlé de lui-même, il s’est parlé à lui-même. Les saisons passent, le soleil nous échauffe, quelque fois il nous brule. Nous sommes condamnés, nous sommes enchainés aux imitations : je ne suis qu'un écho, l’écho de sa voix et lui, il est le reflet de lui-même.


« Socrate se coucha sur le dos, comme l'homme le lui avait recommandé. Celui qui lui avait donné le poison, le tâtant de la main, examinait de temps à autre ses pieds et ses jambes ; ensuite, lui ayant fortement pincé le pied, il lui demanda s'il sentait quelque chose. Socrate répondit que non. Il lui pinça ensuite le bas des jambes et, portant les mains plus haut, il nous faisait voir ainsi que le corps se glaçait et se raidissait. En le touchant encore, il déclara que quand le froid aurait gagné le torse, Socrate s'en irait. Déjà la région du bas-ventre était à peu près refroidie lorsque, levant son voile, car il s'était voilé la tête, Socrate dit, et ce fut sa dernière parole : « Criton, nous devons un coq à Asclepios ; payez-le, ne l'oubliez pas. — Oui, ce sera fait, dit Criton, mais vois si tu as quelque autre chose à nous dire. » À cette question il ne répondit plus ; mais quelques instants après il eut un sursaut. L'homme le découvrit : il avait les yeux fixes. En voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux. »



J’avais savouré les meilleurs gouts pendant ma vie ; j’ai siroté de manière assoiffée du vin celui qui vague en moi et m’entoure, et les festins interminables  nous nous sommes ingurgités tout. Ce n’était pas tout, j’ai gouté d’autres choses que la nourriture et la boisson, et mon appétit était le même. Mais j’étais  quand il est mort. Je voyais comment sa bouche a ouvert sans geindre, comment il a avalé la Mort. « Le temps nous dévoue tous. », une phrase j’ai su toujours sans comprendre, m’a frappé brusquement. La Mort était partout, la Mort était dans sa bouche…
Quel est son gout ? Chers amis, ne personne vivant peut partager ce savoir avec nous. Comment on peut décrire la mort qui vague dans les veines ? Comment se sent-on, quand on fusionne avec lui et notre propre corps est devenu le sien ? c’est peut-être que la mort liquide est fatale ; un vivant ne peut pas vivre s’il accepte que la mort se matérialise dans sa chair.
Mon gout me quitte. Depuis ce jour, je vis avec la mort, je mange ma crainte, je regorge mon être au sol. La mort était toujours en présence et, mon maitre, vous avez raison comme l’habitude…

Gizem Aktaşlı

Une élégie pour une pierre esseulé


Un temps extraordinaire dans la cité antique d’Assos. Je pense toujours que le temps a l’habitude d’être aussi émerveillé quand je me sens mal. Soit-il pour me rend bonheur, soit-il pour me moquer, on ne sait rien sur les faits du Dieu. De quel dieu je parle ? Aujourd’hui, c’est la déesse Aphrodite que j’adresse.
La vue est époustouflante. Vous pouvez presque deviner ce que Aristote avait ressenti pendant qu’il était ici. Si vous regardez par ici, par le roc celui qui je m’asseye, devant moi il y a un paysage marin tout bleu. Au loin, la silhouette de Lésvos apparait, avec la brume blanche et nébuleuse sous son pied qui ressemble à la neige. Je contemple ce panorama parfait en étant fasciné. Seulement cette brume blanche marque les confins de la mer et du ciel, si elle n’existe pas, on ne peut pas remarquer ou le ciel finit et la mer commence. Un bleu infini peut vous dévorer. Ici, tout le chose semble bien proche, et dans le même temps, semble si loin, si petit. Mais je ne veux plus me sentir moi-même.
Je m’allonge sur un roc épuisé. Peut-être autrefois il était la part du temple de derrière moi. Puisque je le touche en caressant ses fentes rugueuses, je perçois qu’il restera ici éternellement, alors qu’il n’y a plus de voix familière sauf celle de la nature, ni de musique, ni de poème…une éternité avec les nuits qui passent silencieux. Cette fatalité lourde… Ses blessures sont l’effet du temps et de la déréliction, je voudrais que mes larmes puissent écouler fraternellement sur lui.
Je tends oreilles aux gémissements du roc, et parmi ces plaintes, je commence entendre et partager avec lui cette connaissance seul entre nous, la voix de la nature. Le frémissement des arbustes, le sifflement des insectes, le chuchotement du vent qui nous porte les senteurs. « Qui, mon frère, t’a fait injure ? ». Je sais ce que c’est de se sentir abandonné. Toi et une part de moi, nous resterons ici ensemble pour toujours, sans bouger. Car nous ne sommes plus indivisibles, nous sommes arrachés.

Gizem Aktaşlı